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L'âge d'or de La Seyne

"On dit que c'est plus beau que le Bosphore et je le crois de confiance, car je n'ai rien rêvé de pareil. Tamaris : c'est une ville de Grèce ! Non. C'est une colline dans des grandes déchirures de la côte toulonnaise, à deux pas de Mar Vivo".


George Sand (1861)

Création de la Station Tamaris (1880-1889)
C'est en 1880 que Blaise Jean Marius MICHEL, plus  connu sous le nom de Michel Pacha, fait l'acquisition pour un prix modique de diverses parcelles rurales composées de terrasses, de collines et de bois sur le Balaguier,
La Rouve, Le Crotton, Le Manteau et Tamaris.  En tout, il se rend propriétaire de près de 400 hectares de terres, désertées pour la plupart par les ouvriers agricoles qui préfèrent travailler aux chantiers alors en plein essor.

L'enfant de Saint-Nazaire (Sanary), parti comme simple mousse à la découverte du Monde, est alors à l'apogée de sa carrière. Devenu administrateur général des phares et balises de l'Empire Ottoman, en 1860, élevé par le Sultan au grade de pacha, en 1879, il vient de se voir promu officier de la Légion d'honneur (1880) puis décerner le titre de Comte de PIERREDON par volonté du Pape Léon XII (bref du 12 décembre 1882). 

Comme l'a écrit George Sand suite à son passage à Tamaris en 1861, le quartier évoque le Bosphore et ne peut que séduire Michel Pacha. Il entreprend des travaux gigantesques qui transformeront de manière irréversible le paysage de ce quartier maritime de La Seyne sur Mer. Une station climatique est née, qui attire bientôt à La Seyne écrivains et artistes envoûtés par ce lieu au charme incomparable et qui rivalise sans aucun complexe avec Nice et Cannes.


CHATEAU MICHEL PACHA

Sur 100 ha asséchés selon les plans de Michel Page, architecte, une soixantaine de villas sortent de terre entre 1880 et 1889. Parmi elles, le Manteau, véritable château qui devient la résidence de Michel Pacha. S'inspirant des images du Bosphore, le tout nouveau Comte de PIERREDON entoure résidences et villas de parcs aux essences exotiques et variées. Le bord de mer marécageux devient une corniche luxuriante, l'ancien chemin des douaniers prend des airs de boulevard jalonné de constructions au style tantôt oriental, tantôt néo-mauresque, italien ou anglais, toujours d'ailleurs.


CASINO


GRAND HÔTEL

Lieu de villégiature doté d'un grand hôtel et d'un casino, Tamaris devient rapidement lieu de vie avec ses bureaux de tabac et de poste, sa boulangerie et sa laiterie, son restaurant George Sand, son café "Japonais" et son bar "Oriental",  mais aussi sa chapelle que viennent desservir d'anciens missionnaires des colonies. 


La Rouve : la colline Caire où fut érigée le Fort Napoléon, encore appelée "Redoute Mulgrave" ou "Grande Redoute" et baptisée le "Petit Gibraltar" par les français lors du siège de 1793.

Tamaris : le tamaris est un petit arbre, le "Tamarix Gallica", l'une des 90 espèces de tamaris recensés dans le monde et que l'on trouve sur le bord humide et marécageux du littoral. A La Seyne sur Mer, les tamaris forment des haies au feuillage vert et aux fleurs disposées en grappes, sur Brégaillon, aux Sablettes et bien sûr sur le site de Tamaris à qui cet arbuste a donné son nom (par bref du Pape Léon XIII).

Comte de Pierredon :  en 1863, de retour à Sanary, Michel Pacha avait acquis une propriété de 8 ha sur le domaine de Pierredon, d'où le titre de Comte de Pierredon sous lequel est aujourd'hui connue sa descendance.