"Itinéraires, Mémoires, Culture :
Toulon d'hier à aujourd'hui"
Mistral gagnant - UFCS
Je n'étais pas habituée à ce fort mistral qui me donnait de terribles maux de tête. En regardant par mes fenêtres, je voyais les arbres se plier sous la force du vent. Les gens se faisaient de plus en plus rares dans les rues .
Arlette
Plus un chat dans les rues jonchées de feuilles mortes. Le soleil est magnifique, le ciel est d' une limpidité extraordinaire. L'atmosphère se trouve assainie de toutes les pollutions diverses.
Raymonde
Quand je suis arrivée à Toulon en 1973, le mistral, je l'ai détesté à cause de sa violence ; j'avais les cheveux mi-longs, il me décoiffait, je ne le supportais pas. A cause de lui, j' ai fait couper mes cheveux tout courts.
Quelquefois, on ne pouvait pas avancer. Sa puissance emportait tout sur son passage : feuilles, poussière qui pénétrait dans les yeux . Il pouvait être très dangereux , faire tomber tuiles et même cheminées...
En hiver, il pouvait s'infiltrer partout. Je le trouvais glacial et vraiment agaçant ; mais en été , je l'ai toujours apprécié. Même s'il pouvait être chaud, parfois il amenait un peu de fraîcheur. A ce moment-là , je l'aurais embrassé. Quand on vient du nord-est, la chaleur du sud est dure à supporter !
Ce que je trouve génial avec le mistral, c'est la vie qu'il offre à la nature. Sans le mistral, la nature est inerte ; la ville peut être triste, nuageuse ; avec lui, la lumière et les couleurs reviennent. Le paysage devient plus net. Et puis il transporte des odeurs, les odeurs du midi. Je me souviens de mes retours de vacances dans les Vosges. En descendant du train, il y avait une agréable odeur de pins qui tout de suite m'enveloppait. On sentait la mer.
Finalement, j'ai fini par l'apprivoiser, l'apprécier. Il aide la ménagère, le linge sèche tellement plus vite avec lui ! Je crois pouvoir dire aujourd'hui que le mistral ne me dérange plus.. s'il n' est pas trop fort bien sûr !
Monique