"Itinéraires, Mémoires, Culture :
Toulon d'hier à aujourd'hui"
C'est à Claret et c'est mon banc
C'est un banc, c'est mon banc. Vous le trouverez dans mon quartier, à Claret. J'aime aller m' y asseoir, m'y reposer, penser, réfléchir. Je regarde tout autour de moi, je découvre des endroits sympas et surtout je retrouve cette vielle bâtisse aux volets bleus, couverte de vigne vierge qui peu à eu a poussé sur les murs. C'est une maison où j'aimerais vivre et c' est pour cela que toujours ce banc m'attire.
Il y a de la verdure et des arbres. Cela me fait penser à la campagne. Je ferme les yeux et je suis sur mon banc, dans mon paradis.
Catherine- UFCS
En 1962, j'avais 3 ans. J'accompagnais tous les quinze jours ma grand-mère et ma mère au lavoir, derrière les halles couvertes . En effet les lavandières professionnelles avaient des jours réservés et les particuliers aussi. Je suis émue de faire remonter ces souvenirs lointains.
Vais-je y arriver? Pourtant c'est pour moi de bons souvenirs. Je revois les gestes des femmes, je ressens l'odeur du savon de Marseille et de l'eau de lessive, et je revois le poêle à charbon. Pour avoir le droit de l'utiliser, il fallait donner une pièce au gardien. C'est lui qui mettait le charbon.
Les femmes parlaient entre elles, racontaient leurs soucis. J'admirais ma mère que je trouvais très belle. J'associais la blancheur et la douceur de sa peau et de ses seins au savon qu'elle utilisait. Elle avait 20 ans.
Ma grand-mère nous laissait jouer et patauger dans l'eau. Pour les femmes, c'était un jour de corvée, mais pour nous les enfants, c'était une matinée de plaisir. Malgré le contexte politique de l'époque, toutes ces femmes s'entendaient bien, se parlaient, partageaient la pause avec ce que chacune apportait.
Ma mère nous dit parfois que c'était malgré tout une belle époque. Maintenant elle se consacre plus à sa famille et ses petits enfants. Mais elle nous parle souvent de ce temps avec nostalgie.
Mahdia - Café-Culture